Fermeture de FECIT par Administrateur

 

L­e libéralisme, si vous le voulez, peut se définir en deux mots, — car je ne puis en faire une étude complète devant vou­s —, en deux mots, c'est-à-dire apporter la libération, libérer l'homme. Le libérer de quoi ? de la Vérité qui lui est imposée du dehors. L'homme doit se faire lui-même sa vérité et juger lui-même de sa vérité. Donc chacun possède sa vérité, chaque époque possède sa vérité. Elle se fait à l'intérieur de la conscience de chaque homme. L'homme dispose ainsi de sa vérité qui ne lui est plus imposée du dehors, car cela est contraire à sa dignité, à son caractère d'homme adulte, d'homme moderne, d'homme libéral. Il se libère de la Vérité parce qu'il y voit une contrainte. Au contraire, si la Vérité existe et qu'elle s'impose à nous, nous devons nous y soumettre. Si l'Eglise est la seule Vérité, nous devons nous soumettre à l'Eglise. Mais on ne veut plus de Vérité qui s'impose.

Deuxième libération, libération des dogmes de la foi, On ne veut pas se voir imposer des dogmes tout faits, une Révé­lation toute faite qui nous est proposée. On ne veut pas d'un Credo qui nous soit imposé, de sacrements qui nous soient imposés, et d'un Sacrifice de la Messe qui nous soit imposé. Tout cela n'est pas possible. L'homme moderne ne peut pas accepter des dogmes qui lui soient imposés. Il faut qu'il les critique par sa raison, qu'il les soumette à sa raison, à la science, à sa propre conscience. Par conséquent ces dogmes doivent être, eux aussi, soumis à une évolution selon les temps et la conscience que l'on en prend. Et ainsi, tout est soumis à l'homme, l'homme devient le maître de tout, le Dieu.

Troisième libération, libération de la loi. L'on ne veut pas admettre de loi. La loi limite nécessairement la liber­té, oblige à se conduire selon une certaine orientation. Or cela est inadmissible, inadmissible ! En effet, c'est l'homme qui se fait sa propre loi, il a une conscience, il doit donc se faire sa loi et on ne peut lui en imposer une. S'il estime qu'u­ne loi sociale qui lui est imposée lui est nécessaire, il l'ad­met ; s'il estime qu'elle ne lui convient pas, il ne l'admet pas. C'est ce qui se passe dans nos pays et même dans l'Eglise. Regardez les lois, le droit canon, ou du moins ce qu'il en reste. Chacun en fait ce qu'il veut. Que ce soient les rubri­ques liturgiques, les programmes des catéchismes, les rè­glements des séminaires, chacun en fait ce qu'il veut. Car tel est bien le principe du libéralisme : chacun se fait sa loi. Et ce principe corrosif s'oppose directement à Dieu. Qui, en effet, nous impose la Vérité ? La Révélation n'est pas autre chose que Notre Seigneur Jésus-Christ. Et notre Seigneur est la loi. Il est le Verbe, la loi de Dieu, la loi de charité qu'il nous impose. C'est pourquoi l'on peut dire que le libéral attaque directement Dieu et Notre Seigneur Jésus-Christ. Cela est très grave, excessivement grave. Sans doute, les catholiques libéraux n'ont pas cette intention ni ce désir, mais par le fait qu'ils mettent ces principes en pratique, ils luttent contre Dieu et Notre Seigneur, même s'ils n'en ont pas l'intention théorique. Et d'ailleurs, ces hommes-là vi­vent constamment dans la contradiction, ainsi que le remar­quait le cardinal Billot en définissant le catholique libéral comme l'homme qui vit dans l'incohérence. Le catholique libéral, en effet, proclame bien la thèse de l'Eglise, mais dans la pratique, dans l'hypothèse, il prend l'opinion publi­que et son opinion personnelle pour loi. 

En conséquence de ces principes, il n'y a pas pour le li­béral, en politique comme dans l'Eglise, d'ennemis à gauche. Il n'y a que des ennemis à droite. Le catholique libéral est un sectaire, disait déjà Louis Veuillot. Il ne peut pas supporter ceux qui maintiennent la Vérité, ceux qui maintiennent les dogmes, ceux qui maintiennent la loi. Il ne peut pas les sup­porter car ils sont pour lui un reproche continuel.

Mgr Lefebvre,  conférence donnée à Vienne le 9 septembre 1975

Ce qu'est le libéralisme par Austremoine le 16-02-2013 (21:16:44)

 

 

Fecit © 2011